J'ai appris récemment le décès de Pierre Doury, survenu il y a quelques semaines.

Il fut l'une des grandes figures de la musique liturgique des vingtième et vint-et-unième siècles. Après des études musicales au Conservatoire de Paris et à l'Institut grégorien de la même ville, il devint maître de chapelle à Saint-Sulpice, directeur du conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés, et professeur à la Schola Cantorum. Dans ces institutions, ainsi que dans des stages où j'ai eu la chance de suivre son enseignement, il forma des générations d'élèves à l'harmonie, à la direction chorale, et aussi à l'art de mettre un texte liturgique en musique. Il publia également des ouvrages de théorie musicale.

Je voudrais surtout insister aujourd'hui sur son abondante activité de compositeur liturgique. Il écrivit aussi bien des refrains faciles à destination des assemblées dominicales (Comble-nous de ta miséricorde, Nous partageons le pain nouveau...) que des pièces plus difficiles pour les interprètes, concçues plutôt pour des chorales ou des communautés ayant le temps de répéter patiemment les chants pour les assimiler. Il mit en musique de nombreux textes de l'abbé Ory, et composé notamment pour l'abbaye de Ligugé; il fut l'un des grands contributeurs de la revue Musique sacrée - l'Organiste. Dans toute sa production, il fut guidé par le souci constant de faire dire le texte avec intelligence et naturel, sans jamais céder au mauvais goût. Resté à l'écart des circuits par lesquels passe désormais la plupart des cantiques en usage dans les paroisses, son répertoire est resté peu connu, négligé au profit de compositeurs ne cherchant pas la qualité avec autant d'application.

Je m'efforcerai de lui rendre hommage lors du concert qui aura lieu à Notre Dame de Pellevoisin en décembre (la date précise est encore à fixer, elle sera communiquée dans quelques semaines).

Adieu, mon bon Maître !